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| LES
DECLARATIONS D'ESSO - VRAI OU FAUX? |
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Au sujet du réchauffement de la
planète Esso/Exxon fait des déclarations qui sont en contradiction avec ses
actes. |
1. ESSO DECLARE RECONNAITRE LE LIEN
ENTRE LES COMBUSTIBLES FOSSILES ET LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES.
FAUX : depuis dix ans, Esso nie la corrélation entre l'utilisation des
combustibles fossiles et le réchauffement climatique. Le groupe a tenté de
cacher au public européen cette prise de position particulièrement
impopulaire. La politique de la maison mère sur le sujet est sans équivoque,
telle qu'elle fut exprimée en mai 2000 : "la science n'est pas en mesure de
prouver que l'utilisation des combustibles fossiles a provoqué un quelconque
réchauffement climatique".
Les actes de la compagnie confirment cette politique. En septembre 2001, le
Groupe Intergouvernemental d'Etudes du Climat (G.I.E.C.) de l'ONU qui réunit les
plus grands experts en climatologie, se réunissait a Londres afin
d'approuver leur dernier rapport sur les changements climatiques. L'ébauche
du rapport final du GIEC reprenait l'extrait suivant : "Le système
climatique de la Terre a manifestement changé, à la fois au niveau global et
régional, depuis l'ère pré-industrielle, certains de ces changements sont
imputables aux activités humaines". Esso a fait pression afin de faire
amender le texte en supprimant "certains de ces changements sont imputables
aux activités humaines". Le GIEC rejeta l'amendement. Non seulement le GIEC
a considérablement affermi son opinion selon laquelle le réchauffement est
principalement dû aux activités humaines, mais de plus, il connecte
expressément cet accroissement des températures à l'utilisation des
combustibles fossiles.
2. ESSO PRETEND N'AVOIR AUCUNE INFLUENCE SUR LE PRESIDENT AMERICAIN ET
QUE SA CONTRIBUTION FINANCIERE A LA CAMPAGNE ELECTORALE DU CANDIDAT
REPUBLICAIN N'A ETE QUE MINIME.
FAUX : les faits parlent d'eux-mêmes. Les dons d'Esso au Parti Républicain
au cours du cycle électoral totalisent plus d'un million de dollars, plus
que toute autre compagnie pétrolière. Ceci s'ajoute à des années de
financement de campagnes publicitaires anti-Kyoto ayant coûté des millions
de dollars. En 1999, le budget lobbying d'Exxon (11,7 millions de dollars)
était le cinquième plus important aux Etats-Unis, et notamment le premier
parmi les compagnies pétrolières. Esso est seulement devancée par des géants
pharmaceutiques et des producteurs de cigarettes.
Esso a également été à la tête de groupes de premier plan, telle que la
Global Climate Coalition (GCC), créée dans le seul but de saboter les
négociations de l'ONU sur le climat, au nom de l'industrie des combustibles
fossiles. Pour preuve, la GCC a été désactivée au lendemain de la
publication du "plan climat" de l'administration Bush, en février 2002,
présenté comme l'alternative américaine a Kyoto.
Les discours tenus par Esso sont quasiment repris à la lettre par George
Bush. Après avoir exercé une pression sans relâche sur le Président des
Etats-Unis afin qu'il rejette le Protocole de Kyoto - ce qu'il fit en mars
2001 - Exxon a mené une campagne publicitaire en décrivant le Protocole
comme "fondamentalement défectueux" et "fatalement politisé". Deux mois plus
tard, Bush décrivait le Protocole en ces termes "fatalement défectueux dans
ses fondements ". Si Esso ne souhaitait pas avoir d'influence sur Bush et
les décideurs politiques, pourquoi a-t-elle offert des millions de dollars
aux partis politiques ces dix dernières années ?
3. ESSO PRETEND QUE SON LOBBYING ANTI-KYOTO A TOUJOURS ETE "OUVERT ET
HONNETE".
FAUX : "arrogant et mensonger" est une meilleure description de l'approche
soi-disant "transparente" d'Esso. Depuis mai 2001, en réponse au boycott en
Grande-Bretagne, Esso a écrit à des milliers de personnes pour leur affirmer
que "nous ne nions pas le lien entre les énergies fossiles et les
changements climatiques". Pourtant, en septembre 2001, Esso demandait au
GIEC de supprimer la phrase de son rapport qui établissait ce lien (voir
1.).
Le rapport de Greenpeace intitule "Dix ans de
coups fourrés" répertorie 31 coups fourrés utilisés par Esso, durant ces
dix dernières années, pour ruiner les négociations internationales du
Protocole de Kyoto. L'un des plus révélateurs est la publicité réalisée par
Esso mettant en valeur une pétition extrêmement contestée de 17 000
"scientifiques" en vue de rompre le consensus existant sur la réalité des
changements climatiques. Les instigateurs de cette pétition tentèrent de
tromper les signataires en leur faisant croire qu'elle était soutenue par la
très respectable Académie Nationale des Sciences, ce qui était totalement
faux. Certains des "scientifiques" signataires de cette pétition étaient des
personnages fictifs de séries télévisées (comme MASH) et même l'une des
Spice Girls!!!
Esso a également financé et mis en avant des pseudo-scientifiques afin
qu'ils fassent la promotion de leur scepticisme sur le réchauffement
planétaire. Cette manoeuvre avait pour but de semer le trouble au sein de la
communauté scientifique.
4. ESSO PRETEND QUE LA CAMPAGNE STOP ESSO TENTE D'ETOUFFER TOUT DEBAT
CONTRADICTOIRE EN MATIERE DE CLIMAT.
FAUX : Esso dépense plus de 10 millions de dollars par an uniquement en
actions de lobbying. Avec de tels moyens, il est extrêmement naïf de penser
que la plus grande compagnie pétrolière mondiale ne puisse exprimer ses
positions. Greenpeace a multiplié les demandes de débat avec Esso sur le
problème des changements climatiques qu'Esso a constamment refusées. La
campagne "Stop Esso" est ouverte au débat public et ses instigateurs
seraient ravis de discuter du réchauffement de la planète avec les
dirigeants d'Esso.
5. ESSO PRETEND QUE LE PROTOCOLE DE KYOTO IMPLIQUE DES COUTS ECONOMIQUES
SIGNIFICATIFS ET EXCLUT LES PAYS EN VOIE DE DEVELOPPEMENT.
FAUX : le Protocole de Kyoto est crucial et constitue une première étape
significative dans l'action internationale contre les changements
climatiques. Le Protocole prend en compte les pays en voie de développement
et n'imposera pas de coûts importants a nos sociétés. Esso souhaite l'échec
de cet accord car il fait peser une menace importante sur ses profits basés
sur l'exploitation des combustibles fossiles.
Le Protocole de Kyoto autorise les pays en développement à augmenter quelque
peu leurs émissions à court terme et prévoit un délai prolongé pour leur
permettre de les contrôler. Dans les négociations ayant débouchées sur le
Protocole, tous les pays, Etats-Unis inclus, ont accepté que les pays
industrialisés, responsables de la grande majorité des émissions de gaz à
effet de serre au cours des deux derniers siècles, soient les premiers a
réduire leurs émissions.
Les Etats-Unis, dont la population représente a peine 4% de la population
mondiale, mais dont les émissions représentent 25% des émissions globales de
CO2, sont l'exemple criant de la nécessite que les pays industrialisés
s'attaquent les premiers aux changements climatiques.
Le Protocole de Kyoto ne sera pas non plus un fardeau économique : le GIEC a
montré que les émissions de gaz à effet de serre peuvent être ramenées à des
niveaux inférieurs à ceux de l'année 2000 en dix à vingt ans, à "un coût net
nul", en employant les technologies existantes. Ainsi, il est montré que
depuis 1997, la Chine a réduit ses émissions de CO2 de 17% alors que durant
la même période, les émissions américaines faisaient un bond en avant de
14%. Dans le même temps, la croissance économique chinoise a été quatre fois
plus rapide que celle des Etats-Unis.
Par ailleurs, afin de mesurer correctement les impacts monétaires, il est
fondamental de rappeler que si les tendances de réchauffement climatique
persistent, les compagnies d'assurance prévoient des pertes annuelles
causées par les catastrophes naturelles approchant les 150 milliards de
dollars d'ici 2010.
6. ESSO PRETEND AGIR AUJOURD'HUI CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES,
NOTAMMENT EN DEVELOPPANT DES "CARBURANTS PROPRES", DES VOITURES A PILES A
COMBUSTIBLES ET EN AMELIORANT L'EFFICACITE ENERGETIQUE.
FAUX : Esso se refusant à admettre le lien entre les énergies fossiles et le
réchauffement climatique, il n'est pas surprenant que les "solutions"
qu'elle propose (allant des "carburants propres" aux plantations d'arbres)
ne réduisent en rien les émissions de dioxyde de carbone. Les "carburants
propres" comme l'essence sans plomb et le diesel à faible teneur en sulfure,
réduisent certes quelques pollutions aériennes, mais n'apportent aucun
bénéfice pour la protection du climat. Les voitures à pile à combustible
fonctionnant à l'hydrogène sont des solutions possibles à long terme ;
encore faudra-t-il que l'énergie utilisée pour produire l'hydrogène soit
renouvelable... Il ne faut pas s'étonner que la voiture à pile à combustible
hydrogène d'Esso roule grâce au pétrole.
Toutes les compagnies désirent
améliorer leur efficacité énergétique : cela fait des économies. Mais tout
ceci ne justifie pas l'opposition d'Esso au Protocole de Kyoto. La route la
plus courte vers une amélioration globale de l'efficacité énergétique se
fera à travers le respect des engagements de Kyoto.
7. ESSO PRETEND AVOIR
INVESTI DANS LES ENERGIES RENOUVELABLES DANS LES ANNEES 70 ET 80 MAIS NE LES
A PAS JUGEES RENTABLES.
FAUX : A l'instar de l'industrie de la téléphonie
mobile, l'industrie des énergies renouvelables n'a plus rien à voir avec ce
qu'elle était dans les années 70 et 80. En Allemagne, au Danemark ou en
Espagne, l'industrie éolienne croit aussi rapidement que celle des
télécommunications. De plus, les membres du Congrès américain ont accusé
publiquement Esso de délibérément induire en erreur ses membres et le
public sur les coûts et les potentialités des renouvelables. Les énergies
renouvelables (l'éolien, le solaire, le marée-moteur, etc.) peuvent subvenir
aux besoins énergétiques mondiaux. La technologie existe et les prix
diminuent rapidement. Le Danemark a ouvert la voie en démontrant qu'il n'y a
pas d'obstacles technologiques ou économiques au développement des énergies
renouvelables, qui ne puissent être surmontés. Le Danemark produit déjà 10%
de son électricité grâce à l'éolien et prévoit de parvenir à 50% d'ici à
2030.
Si une compagnie de la puissance d'Esso (la plus importante compagnie
pétrolière mondiale) réorientait une part significative de ses
investissements en énergies fossiles vers les renouvelables, une telle
orientation favoriserait une chute des prix d'autant plus immédiate. Mais
pour Esso, seuls le pétrole, le charbon et le gaz comptent. Esso considère
les "sources d'énergie non-pétrole" comme "une simple mode".
8. ESSO PRETEND
QUE LA GRANDE MAJORITE DES DECIDEURS ET ENTREPRISES AMERICAINES S'OPPOSE AU PROTOCOLE DE KYOTO.
FAUX : l'opinion
publique américaine est divisée sur le Protocole de Kyoto. Un sondage
d'opinion, mené par le New York Times et CBS au lendemain du rejet du
Protocole par l'administration Bush, montre que trois Américains sur quatre
estiment que des mesures immédiates sont indispensables pour endiguer le
réchauffement climatique. Plus encore, la moitié des sondés déclarent que
les Etats-Unis devraient se conformer à leurs engagements internationaux,
même si d'autres pays, notamment l'Inde et la Chine, ne mettaient pas
immédiatement en oeuvre ces mêmes mesures.
Esso déclare que les autres
compagnies américaines et les décideurs politiques sont opposés à Kyoto.
Esso a mené la campagne américaine d'opposition au Protocole et est parvenue
à influencer les politiciens, les industriels ainsi que l'opinion publique.
Si Greenpeace a choisi de cibler Esso, ce n'est pas uniquement pour son
opposition à Kyoto, mais c'est bien parce qu'elle a, depuis dix ans, dépensé
des millions de dollars dans une campagne de coups fourrés afin d'empêcher
toute action internationale contre les changements climatiques.
Par
ailleurs, il s'est avéré qu'un grand nombre d'associations commerciales
américaines qu'Esso nous présente comme des alliées de ses positions, ont
été en réalité manipulées par Esso. Parmi ces associations, l'une des plus
anti-Kyoto, l'US Council for International Business (USCIB), a écrit au
Président Bush (apparemment au nom de tous ses membres) afin de lui
témoigner son soutien dans l'abandon du Protocole. On attribue à Esso la
rédaction des grandes lignes de cette lettre. Un sondage conduit par
Greenpeace a montré qu'un échantillon des principaux membres de l'USCIB, n'a
pas été consulté avant l'envoi de cette lettre et/ou ne l'approuve pas.
Ainsi, British Télécom Amérique du Nord a déclaré : "nous appartenons à
cette association pour des raisons de relations commerciales et nous n'avons
pas été consultés sur ce positionnement sur Kyoto. Par conséquent, il ne
reflète pas nos vues" (lettre de Chris Tuppen, responsable du développement
durable et de la responsabilité de l'entreprise, adressée à Matthew Spencer
de Greenpeace Royaume-Uni, le 18 juillet 2001). |
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